Classes inversées et taxonomie de Bloom

Depuis l'arrivée du numérique, le modèle transmissif avec un maître détenteur du savoir (avec parfois des informations exclusives) est en train de perdre sa raison d'être.

Il est aujourd'hui plus important de se centrer sur le comment mieux faire apprendre plutôt que sur le comment bien transmettre des informations . Une différence qui paraît aller de soi mais qui, si on l'assimile jusqu'au bout, a des conséquences sur le regard que l'on peut porter sur les pratiques de classe et le rôle de l'enseignant en particulier avec le courant pédagogique de la Classe inversée . En effet, ce dernier met en lumière une autre manière d'appréhender les processus d'apprentissages par le biais de nouvelles stratégies éducatives (fondées sur les théories socio-constructivistes).

Pour aller très vite, ce que l'apprenant reçoit en premier durant une séquence classe inversée, c'est le produit fini, c'est à dire la leçon (une somme d'informations agencées et organisées sous la forme d'une capsule vidéo le plus couramment, mais il peut s'agir d'autres supports) ou l'explication d'une notion relative à la compréhension de cette leçon. Ainsi, le complexe est ce qui est abordé en premier afin de l'analyser et le comprendre par la suite durant des activités de classe entre pairs avec un enseignant devenu guide-accompagnateur.

Le renversement de la taxonomie de Bloom prend sa source d'une observation des comportements des élèves durant ce scénario d'apprentisssage : Pour en revenir à la taxonomie de Bloom, il est également possible d'inverser la pyramide... Cette inversion a donné  naissance à l'approche par problème. Les élèves débutent et passent la majorité de leur temps en création et en évaluation, et lorsqu'ils sont prêts, ils poursuivent la séquence d'apprentissage vers le bas de la pyramide pour finalement étayer leur compréhension d'un phénomène et mémoriser le contenu disciplinaire y étant associé (Jonathan Bergmann, Aaron Sams, Marc-André Girard, Apprentissage inversé, Reynald Goulet, 2014, p.40)

Un article à ce sujet en fait part plus précisément : Rather than starting with knowledge, we start with creating, and eventually discern the knowledge that we need from it. Shelley Wright, article en ligne : Flip This: Bloom’s Taxonomy Should Start with Creating", 2012.

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Taxonomie de Bloom renversée

 

Pour finir, une constatation de M.Marcel Lebrun : En partant du complexe (un problème, une expérience, un cas critique) pour contextualiser le simple, les classes inversées renversent la pyramide de Bloom. (Marcel Lebrun et Julie Lecoq, la classe inversée, Canopé, 2015, p.80 ).

Ce renversement engendre une nouvelle organisation dans les apprentissages telle que le précise cette pyramide commentée qui compare les 2 modèles :

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Taxonomie de Bloom commentée

Durant les Classes inversées, la partie la plus haute de la pyramide se manifeste durant la classe avec l'enseignant. C'est bien pendant cette phase, la plus complexe et incertaine, que l'étudiant aura le plus besoin d'échanges et d'accompagnement.